L’accès à l’IA de pointe a surtout été le privilège d’entreprises assez riches pour l’acheter. Un nouveau programme veut le mettre entre les mains de fondateurs africains qui travaillent sur des problèmes plus difficiles. Novastar Ventures s’est associé à Google pour lancer un Applied AI Lab destiné aux start-up et aux chercheurs qui conçoivent des solutions d’IA dans la santé, l’agriculture et l’éducation, avec des candidatures ouvertes depuis le 1er juillet et une première cohorte de cinq à dix équipes dont l’annonce est prévue en septembre.
Ce que les équipes sélectionnées obtiennent
Le programme va bien au-delà d’un accélérateur classique. Les participants bénéficient d’un accès anticipé aux derniers modèles d’IA de Google, d’un mentorat technique assuré par des ingénieurs de Google, de crédits Google Cloud et d’un accompagnement à la mise sur le marché, le laboratoire étant soutenu par l’AI Futures Fund de Google et appuyé par Google DeepMind et Google Research. Les participants peuvent également être éligibles à un investissement en capital et à un financement non dilutif. Trois autres sociétés de capital-risque, Ventures Platform, 4DX Ventures et Norrsken22, rejoignent Novastar pour fournir mentorat et accompagnement opérationnel, réunissant ainsi quatre investisseurs axés sur l’Afrique autour d’une même cohorte.
L’IA pour les fondamentaux, pas pour la productivité
Le cadrage du laboratoire est son aspect le plus intéressant. Steve Beck, cofondateur et associé directeur de Novastar, estime que, là où les marchés développés déploient l’IA surtout pour la productivité au travail et le divertissement, les start-up africaines l’orientent vers les fondamentaux : la prestation de soins de santé, les systèmes alimentaires, l’accès à l’éducation. Le portefeuille propre de Novastar illustre ce schéma, avec Penda Health qui utilise une assistance clinique alimentée par l’IA pour améliorer le diagnostic et le traitement, NewGlobe qui l’applique à la qualité de l’enseignement dans les écoles, et Agrails qui s’en sert pour mettre en relation les petits exploitants agricoles avec une assurance contre les risques climatiques.
Pourquoi Google est là
Pour Google, le laboratoire prolonge une stratégie africaine délibérée en matière d’IA via son AI Futures Fund, et la logique n’a rien de caritatif. La population jeune du continent et l’économie numérique en expansion en font un terrain d’essai pour des applications d’IA auxquelles les produits mondiaux n’ont jamais été conçus, et les start-up qui résolvent ces problèmes génèrent précisément le type de cas d’usage, de données et de relations avec les talents qu’un fournisseur de modèles souhaite avoir à proximité. L’accès direct aux chercheurs de DeepMind est l’élément que l’argent ne peut généralement pas acheter, et c’est le signe le plus clair que ce programme vise à faire émerger de vraies entreprises, pas des certificats d’atelier.
Ce que les fondateurs devraient en faire
Pour les fondateurs africains de l’IA, le calcul est simple : il s’agit actuellement de l’un des ensembles de soutien les plus complets disponibles sur le continent, et le coût de la candidature est une candidature elle-même. La leçon plus profonde concerne le positionnement. Les équipes les plus susceptibles d’être sélectionnées, et de compter ensuite, sont celles qui appliquent l’IA à des problèmes aux conséquences humaines concrètes, car c’est là que l’avantage de l’Afrique est réel : la proximité avec des problèmes qui méritent d’être résolus. Le laboratoire ouvrira plus tard cette année ; l’annonce de la cohorte de septembre montrera à quoi cela ressemble, selon Google et quatre sociétés de capital-risque.





