TechCocoon Logo

Funding

Daya lève 2,4 millions de dollars pour exécuter les paiements transfrontaliers africains sur des rails de stablecoins

Daya a levé 2,4 millions de dollars pour faire passer les paiements transfrontaliers des entreprises africaines sur des rails de stablecoins, avec des comptes virtuels multidevises et des API pour d’autres fintechs.

Les cofondateurs de Daya, Aleph L et Paul Joe
Les cofondateurs de Daya, Aleph L et Paul Joe, qui ont auparavant construit la plateforme d’échange de crypto-actifs Helicarrier.Credit: Daya
ParAmara Nwosu
Publie29 juin 20264min de lecture

Une entreprise africaine qui paie un fournisseur à l’étranger ne le fait que rarement en une seule étape. Elle assemble le transfert entre banques, prestataires de change et services crypto, un patchwork lent, coûteux et difficile à suivre de bout en bout. Daya a levé 2,4 millions de dollars en financement d’amorçage précoce pour réduire cela à un seul rail, en construisant une infrastructure de paiement fondée sur les stablecoins pour les entreprises qui transfèrent de l’argent au-delà des frontières. Hivemind Capital a mené l’opération, avec la participation de Lattice, Alliance, Globelink et de la Aptos Foundation.

Ce que Daya a construit

La plateforme de Daya réunit la réception, la conversion et l’envoi dans une seule interface, avec les stablecoins comme couche de règlement sous-jacente et un moteur d’acheminement qui choisit parmi différents rails afin de garder chaque transaction rapide et peu coûteuse. Le détail qui révèle son ambition est la structure des comptes. Daya émet des comptes virtuels dans les principales devises, notamment le dollar américain, le dollar de Hong Kong et le yuan chinois, ces deux dernières visant directement le commerce avec la Chine dont dépendent tant d’importateurs africains. Elle expose aussi des API, afin que d’autres fintechs puissent intégrer les paiements transfrontaliers à leurs propres produits au lieu de reconstruire elles-mêmes l’infrastructure.

L’équipe et les soutiens

Les fondateurs sont au cœur des raisons pour lesquelles les investisseurs ont été séduits. Les entrepreneurs nigérians Aleph L et Paul Joe ont auparavant construit Helicarrier, une plateforme d’échange de crypto-actifs et de remises soutenue par Y Combinator, et ont travaillé chez Circle, l’émetteur du stablecoin USDC, ainsi que chez Microsoft. C’est une équipe qui a déjà déployé à grande échelle à la fois de l’infrastructure crypto et des paiements, et non une équipe qui découvre le secteur sur cette levée. Dans une catégorie où la technologie n’est rarement la partie la plus difficile, cet historique opérationnel pèse lourd dans le dossier.

Un soutien mérite d’être particulièrement souligné. La Aptos Foundation, qui soutient le développement sur la blockchain Aptos, est entrée au capital en tant qu’investisseur stratégique, soulignant la demande pour un règlement plus rapide et une meilleure liquidité en dollars sur les marchés émergents. Une fondation blockchain qui soutient une entreprise de paiements est un pari sur le fait qu’un volume transfrontalier réel passera sur des rails de stablecoins, et que Daya pourra être l’un des lieux par lesquels il transitera. Cela donne aussi à Daya un partenaire technique, et pas seulement un chèque.

Un couloir très encombré

Daya arrive sur un segment encombré mais en forte croissance. Les stablecoins sont devenus l’un des domaines les plus actifs de la fintech africaine précisément parce que les devises fortes sont limitées et que les rails transfrontaliers traditionnels sont lents et coûteux, et de nombreuses entreprises construisent désormais une infrastructure de règlement plutôt que des portefeuilles grand public. Ce qui distingue les approches sérieuses, c’est la focalisation : Daya fournit une plomberie B2B, des comptes virtuels et des API que d’autres entreprises paient pour utiliser, ce qui est une position plus durable qu’une application grand public qui se bat pour les téléchargements.

Paul Joe a présenté le pari comme le fait de rendre les paiements transfrontaliers « aussi fluides et programmables que les logiciels modernes », et cette formule résume où la valeur doit s’accumuler, non pas dans un transfert isolé, mais dans le fait de devenir la couche sur laquelle d’autres produits sont construits. Comme toujours dans les paiements, la difficulté réside dans la confiance et le volume, dans la capacité à convaincre des entreprises d’acheminer de l’argent réel via une jeune plateforme avant qu’elle n’ait un long historique. Une équipe expérimentée, une conception qui relie les rails de stablecoins et les rails fiduciaires, et des comptes en devises tournés vers le premier partenaire commercial de l’Afrique constituent un point de départ plus solide que ce que la plupart des entreprises en amorçage précoce possèdent.

PartagerXLinkedIn
TechCocoon

African tech,
without the noise.

A sharp weekly briefing on the companies, capital, and policy shaping African technology, straight to your inbox.

  • Every Friday: the week's essential stories
  • Funding moves, deals & policy that matter
  • No noise, no spam. Unsubscribe anytime