La Banque du Ghana a ordonné à Mobile Money Fintech Limited de suspendre une proposition de frais de 0,75 % sur les transferts directs du portefeuille vers un compte bancaire, dans l’attente de consultations avec les parties prenantes du secteur. La redevance, annoncée par MTN Ghana le 25 mai, devait entrer en vigueur le 1er juin et être plafonnée à 5 cedis ghanéens par transaction.
Ce qui s’est passé
Le détail qui a suscité la colère du public était la portée de la mesure : les frais devaient s’appliquer même lorsque les clients transféraient de l’argent entre leur propre portefeuille mobile et leur propre compte bancaire, un service qui était gratuit. La banque centrale a indiqué que cette pause permettrait une consultation plus large sur l’impact de ces frais sur les consommateurs et l’inclusion financière avant toute décision finale.
Pourquoi c’est important
Le mobile money n’est pas un simple service de confort au Ghana, c’est une infrastructure essentielle du commerce quotidien. Une modification tarifaire sur l’un des canaux de paiement les plus utilisés du pays touche directement des millions de personnes. Le calendrier est également significatif. Ces frais constituaient la première grande décision tarifaire de Mobile Money Fintech Limited, la filiale autonome dans laquelle MTN Group a séparé son activité de mobile money ghanéenne il y a seulement environ deux mois, dans le cadre d’une restructuration visant à faire de la fintech un moteur de croissance. L’intervention du régulateur est, en pratique, un premier test de la marge de liberté tarifaire dont disposera cette nouvelle unité.
La vue d’ensemble
Le Ghana a déjà connu une situation semblable. La taxe sur les transferts électroniques introduite en 2022 avait provoqué un tollé avant d’être réduite, et au cours de l’année écoulée la banque centrale a renforcé sa surveillance des acteurs de la fintech et des transferts de fonds, suspendant plusieurs partenariats de transferts entrants en raison de préoccupations liées à la conformité. La tendance montre un régulateur de plus en plus disposé à s’interposer entre les opérateurs et les utilisateurs sur la question des prix.
Pour le reste du continent, cet épisode rappelle que l’économie de l’argent numérique est désormais une question de politique publique. À mesure que les opérateurs télécoms transforment leurs activités de mobile money en entreprises fintech distinctes en quête de revenus, les frais qu’ils fixent se heurteront à des gouvernements qui considèrent ces réseaux comme des services essentiels. La frontière entre une activité fintech viable et un service public abordable est l’une des tensions déterminantes des paiements africains en 2026.





