Village Capital a déployé ses premiers investissements issus d’un nouveau fonds pilote de 4 millions de dollars dans deux startups ghanéennes, en injectant 200 000 dollars dans la startup de soins primaires Rivia Clinics et 150 000 dollars dans la société de logistique du commerce électronique VDL Fulfilment. Ce capital, structuré sous forme de dette convertible et de financement basé sur la performance, provient de l’Africa Ecosystem Catalysts Facility, soutenu par la banque néerlandaise de développement FMO et l’Agence néerlandaise pour les entreprises.
Ce que fait Rivia
Rivia Clinics met en relation les petites entreprises et les particuliers avec un réseau de cliniques partenaires et sous marque, en proposant des soins virtuels et en présentiel via une seule adhésion. Le modèle est délibérément peu capitalistique, ce qui permet à Rivia de se développer sans le coût lourd que représenterait la construction et la propriété de chaque établissement. Depuis son lancement en 2024, l’entreprise affirme avoir pris en charge plus de 50 000 patients, en combinant prestation de soins et financement santé par les employeurs afin d’aligner les intérêts des prestataires, des payeurs et des patients, qui sont généralement cloisonnés.
Pourquoi c’est important
Les chèques sont modestes, mais la thèse ne l’est pas. Une grande partie de la healthtech africaine s’est tournée vers les applications de télémédecine ; Rivia, elle, reconstruit plutôt le cœur peu glamour du secteur : des soins primaires accessibles, prévisibles et abordables, avec une couche d’adhésion et de financement qui rend l’économie du modèle viable. C’est le type d’activité de santé pragmatique, au niveau de l’infrastructure, qui a tendance à survivre aux cycles d’engouement.
Le fonds lui-même est également notable. Il est conçu pour financer des entreprises en phase de démarrage qui développent des solutions autour de la mobilité économique et de la résilience au Ghana, au Nigeria et en Tanzanie, et pour travailler aux côtés d’organisations locales de soutien aux entrepreneurs plutôt que d’injecter du capital depuis l’extérieur. Un financement catalytique de cette taille ne transformera pas, à lui seul, un système de santé, mais soutenir des fondateurs qui comprennent le problème quotidien de l’accès aux soins, et associer le capital à un appui local, c’est ainsi que se construit une healthtech durable. Le véritable test pour Rivia sera de savoir si son réseau peu capitalistique maintient sa qualité à mesure qu’il se développe.





