Basé à Windhoek, Bellatrix Investment Managers a lancé le Ndjaba Seed Fund, un véhicule de capital-risque de 10 millions de dollars destiné aux startups en phase initiale à travers l’Afrique australe. Nommé d’après le mot oshiwambo désignant l’éléphant, le fonds prévoit de soutenir entre 35 et 50 entreprises sur un horizon de dix ans, dans les secteurs de la fintech, de l’agritech, de la healthtech, de l’éducation, de l’énergie propre, du commerce électronique et des logiciels d’entreprise.
L’écart qu’il vise
Le fonds s’attaque à un problème précis et tenace : la rareté des financements en phase initiale. Les startups levant moins d’un million de dollars n’ont attiré que 2 % de tout le capital déployé sur le continent en 2025, et la pression est encore plus forte en Afrique australe, où la majeure partie des quelque 933 millions de dollars de financement de la région s’est concentrée en Afrique du Sud. Pour les fondateurs en dehors du Cap et de Johannesburg, le premier chèque institutionnel est souvent le plus difficile à obtenir.
Son fonctionnement
Bellatrix n’est pas nouveau face au problème de capital de la région. Fondée en 2020, l’entreprise indique avoir déployé plus de 30 millions de dollars de dettes et de financements concessionnels auprès de plus de 500 entreprises, mais Ndjaba est son premier fonds de capital dédié. Les entreprises en pré-amorçage peuvent s’attendre à des chèques compris entre 25 000 et 100 000 dollars, tandis que les entreprises en phase d’amorçage recevront entre 100 000 et 350 000 dollars, avec une capacité de suivi. Le fonds s’appuiera sur le Basecamp Business Incubator pour constituer un pipeline de startups prêtes à investir et fournir un accompagnement en matière de gouvernance et d’exploitation.
Pourquoi c’est important
Cette initiative marque un virage délibéré de la dette vers les fonds propres, un pari selon lequel la région produit désormais suffisamment d’entreprises technologiques évolutives pour justifier une prise de risque de type capital-risque. Elle est aussi remarquable par son origine : la Namibie est davantage connue pour ses matières premières et ses fonds de pension que pour la technologie, et un fonds de fonds propres créé localement est le signe qu’un capital national prend en main l’écart de financement en phase initiale plutôt que d’attendre des investisseurs extérieurs.
Dix millions de dollars ne transformeront pas à eux seuls le paysage du financement en Afrique australe. Mais le capital le plus important est souvent le premier chèque, celui qui permet à une entreprise d’exister assez longtemps pour attirer le reste. Pour les fondateurs d’une partie du continent régulièrement négligée, c’est cet écart que Ndjaba tente de combler.





