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Nala obtient une ligne de crédit de 50 millions de dollars pour étendre ses rails de paiement en stablecoins

Nala, fondée en Tanzanie, a obtenu jusqu’à 50 millions de dollars auprès de Liquidity via Mars Growth Capital, soutenu par MUFG, afin d’étendre son infrastructure de paiements transfrontaliers en stablecoins.

Le fondateur et directeur général de Nala, Benjamin Fernandes
Nala, fondée par Benjamin Fernandes, a obtenu jusqu’à 50 millions de dollars pour étendre son réseau de paiement en stablecoins.Credit: NALA Group
ParTechCocoon Intelligence
Publie10 juin 20263min de lecture

Nala, la fintech fondée en Tanzanie qui construit des rails de paiement transfrontaliers alimentés par des stablecoins, a obtenu jusqu’à 50 millions de dollars de financement par dette auprès de la société de crédit privée Liquidity. La facilité démarre avec une tranche de 25 millions de dollars et peut atteindre 50 millions de dollars ou davantage via Mars Growth Capital, une coentreprise entre Liquidity et la banque japonaise MUFG.

Le point essentiel est l’instrument. Il s’agit d’une dette, pas de capitaux propres, et elle provient d’un prêteur institutionnel mondial, signe qu’une entreprise de paiement fondée en Afrique est désormais finançable selon les mêmes conditions que ses pairs sur des marchés plus riches.

Des transferts d’argent aux rails

Fondée en 2017 comme application de transferts d’argent pour la diaspora africaine, Nala s’est depuis tournée vers les paiements aux entreprises grâce à Rafiki, sa plateforme d’infrastructure pour les entreprises. La société affirme que son réseau relie désormais plus de 249 banques et 26 services de mobile money dans 16 pays. Son activité grand public et Rafiki affichent de solides marges brutes, et des sociétés de transfert d’argent, dont MoneyGram, utilisent Rafiki pour le règlement en stablecoins vers l’Afrique et l’Asie.

Pourquoi la dette, et non les capitaux propres

Le fondateur et directeur général Benjamin Fernandes a déclaré que la croissance rapide avait mis à rude épreuve la capacité de l’entreprise à préfinancer les transferts, c’est-à-dire le besoin en fonds de roulement nécessaire pour régler les paiements avant l’arrivée de l’argent. Le crédit répond mieux à ce problème que les capitaux propres. Surtout, Nala détient encore plus de la moitié du capital levé lors de son tour de table en actions de 40 millions de dollars en 2024, si bien que cette facilité finance l’expansion plutôt que de masquer une tension au bilan. Cela reflète une évolution plus large, les fintechs africaines à fort volume ayant de plus en plus recours à des lignes de crédit pour financer des opérations gourmandes en liquidités sans diluer leurs actionnaires.

Le pari des stablecoins

Le pari sous-jacent est structurel. Selon les données de la Banque mondiale, les transferts transfrontaliers vers les marchés émergents coûtent encore en moyenne 8 à 10 % par transaction et peuvent prendre plusieurs jours pour être réglés. Les stablecoins se règlent en temps réel à une fraction de ce coût, et la demande des entreprises pour des encaissements et des décaissements conformes a fortement augmenté au cours de l’année écoulée.

Pour la fintech africaine, l’enjeu relève moins de la crypto que des infrastructures. Quiconque construit des rails fiables et conformes entre les marchés émergents et le reste du monde occupe une position stratégiquement importante. Nala parie qu’elle peut en faire partie, et les prêteurs mondiaux sont désormais prêts à financer ce pari.

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