La GSMA a reporté le MWC26 Kigali, le plus grand événement de connectivité d’Afrique, à peine deux semaines avant son ouverture prévue. Dans un bref communiqué publié depuis Londres le 2 juin, l’organisme professionnel s’est contenté d’indiquer qu’une nouvelle date serait annoncée en temps voulu, tout en reconnaissant les désagréments causés aux participants. Il n’a donné aucune raison officielle.
Le déclencheur probable
Même si la GSMA est restée silencieuse sur la cause, le calendrier pointe vers une urgence sanitaire régionale. À la mi-mai, l’Organisation mondiale de la Santé a déclaré que l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda constituait une urgence de santé publique de portée internationale, et le Rwanda a ensuite durci les règles d’entrée pour les voyageurs ayant transité par la RDC. Aucun cas d’Ebola n’a été signalé au Rwanda même. C’est la deuxième fois en trois ans que l’événement est reporté; l’édition 2024 avait elle aussi été annulée à environ deux semaines de l’ouverture, dans un contexte d’épidémie de virus de Marburg, avant de finalement se tenir en octobre 2025.
Ce qui a été perdu
L’annulation tombe mal, car les organisateurs avaient élargi le programme. Le MWC26 devait inaugurer les premiers prix GLOMOs Africa, la version continentale des distinctions sectorielles de la GSMA, en parallèle de nouveaux sommets sur la 5G, l’éducation, les technologies de la santé et la fintech, ainsi que d’une session sur la fraude alimentée par l’IA. L’exposition de 2025 affichait complet, donc le problème n’était pas la demande.
Pourquoi c’est important
Le MWC Kigali, organisé avec le ministère rwandais des TIC et de l’Innovation, est plus qu’un salon professionnel. C’est un lieu de négociation où opérateurs, fintechs, régulateurs et investisseurs se rencontrent pour faire avancer des initiatives transfrontalières, de l’interopérabilité de la monnaie mobile à l’itinérance et à l’inclusion numérique. Un report soudain met ces discussions en pause et laisse exposants, agences et fondateurs de startups avec des frais de déplacement et de stand irrécupérables, ce qui pèse réellement sur les acteurs les plus modestes, même si les inscriptions sont reportées.
La question plus large est celle de la fiabilité. Deux reports en trois ans, tous deux liés à des urgences sanitaires régionales, soulèvent une interrogation plus difficile pour le rendez-vous phare de la connectivité sur le continent : le calendrier de son pays hôte peut-il résister aux chocs qui se répercutent périodiquement dans la région, et qu’est-ce que cela implique pour la capacité de l’Afrique à réunir sa propre industrie sur son propre sol ?





