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Mentorship Insights

La poussée des femmes dans la technologie en Namibie montre pourquoi la transformation numérique a besoin de l’adhésion sociale

L’initiative Women in Tech et le Projet national de développement des talents de la Namibie mettent en avant le rôle des compétences, de l’inclusion et de la collaboration public-privé dans la transformation numérique.

Événement de lancement de Women in Tech à Windhoek montrant la poussée de la Namibie pour les compétences TIC, l’inclusion numérique et la participation des jeunes femmes à la technologie.
Le projet Women in Tech et de développement des talents nationaux 2026 de la Namibie vise à renforcer les compétences numériques et à élargir les opportunités pour les jeunes, en particulier les femmes, dans le secteur des TIC.Credit: Ministère namibien des Technologies de l’information et de la communication
ParTariq Abubakar
Publie15 mai 20268min de lecture

La Namibie a lancé à Windhoek un Projet Women in Tech et de développement des talents nationaux 2026, plaçant les compétences numériques, l’inclusion et la participation des jeunes au centre de son agenda technologique.

Le lancement a eu lieu lors du Huawei ICT Congress Gala Dinner, où Emma Theofelus, ministre namibienne des Technologies de l’information et de la communication, a déclaré que le pays ne peut pas attendre des conditions parfaites avant d’embrasser la technologie. Son message était clair : la Namibie doit accélérer son économie numérique tout en renforçant les compétences et la confiance nécessaires pour que les populations puissent y participer.

Cette distinction est importante. La transformation numérique est souvent traitée comme un projet d’infrastructure. Mais l’infrastructure, à elle seule, ne change pas un pays. Les gens doivent lui faire confiance, l’apprendre, l’utiliser et la construire.

La transformation numérique a un problème humain

De nombreux gouvernements africains cherchent à numériser les services publics, à étendre le haut débit, à améliorer la réglementation des TIC, à attirer des partenaires technologiques et à créer des emplois numériques. Ces objectifs sont importants, mais ils peuvent échouer si les citoyens et les communautés n’en voient pas l’intérêt.

La propre dynamique numérique de la Namibie se heurte à cette réalité.

Theofelus a noté qu’une résistance à l’adoption de la technologie existe encore dans certaines communautés, notamment autour des infrastructures numériques et des services en ligne. Ce n’est pas inhabituel. Partout en Afrique, les projets numériques peuvent susciter la méfiance lorsque les gens n’en comprennent pas les avantages, craignent l’exclusion, s’inquiètent des coûts ou ont vu la technologie déployée sans consultation suffisante.

C’est là que les programmes de compétences deviennent plus qu’un simple exercice de formation.

Une initiative Women in Tech peut aider à renforcer la confiance, la représentation et des voies concrètes d’accès à l’économie numérique. Elle peut aussi faire en sorte que la technologie ressemble moins à quelque chose d’imposé d’en haut et davantage à quelque chose auquel les communautés peuvent participer.

Les femmes ne peuvent pas rester en dehors du pipeline des TIC

La dimension du genre est centrale.

Si la Namibie veut une économie numérique plus forte, les femmes ne peuvent pas rester sous-représentées dans les compétences TIC, l’entrepreneuriat numérique, les emplois techniques et les réseaux d’innovation. Le pipeline doit commencer plus tôt et devenir plus visible.

Le Projet Women in Tech et de développement des talents nationaux est conçu pour renforcer la main-d’œuvre numérique de la Namibie et élargir la participation au secteur technologique du pays, avec une attention particulière aux opportunités pour les jeunes et les femmes.

C’est important, car les écarts de talents ne se corrigent pas d’eux-mêmes.

Si les jeunes femmes ne considèrent pas les carrières technologiques comme accessibles, le secteur perd des développeurs potentiels, des analystes de données, des professionnels de la cybersécurité, des chefs de produit, des entrepreneurs, des chercheurs, des créateurs numériques et des responsables des politiques publiques.

La représentation n’est pas seulement une question d’équité. C’est aussi une question de capacité.

Un pays ne peut pas bâtir une économie numérique large avec une base de talents étroite.

La collaboration public-privé est à l’œuvre

Ce lancement met également en lumière le rôle des partenariats du secteur privé dans le développement des compétences numériques en Afrique.

L’implication de Huawei s’inscrit dans une tendance plus large sur le continent, où des entreprises technologiques mondiales soutiennent des académies TIC, des programmes de formation, des concours, des dons d’équipements et des filières de talents. Ces partenariats peuvent être utiles lorsqu’ils développent de vraies compétences et relient les jeunes à des opportunités concrètes.

Mais ils doivent être évalués avec attention.

Un bon programme public-privé de compétences doit faire plus que produire des photos d’événement. Il doit améliorer les résultats d’apprentissage, offrir aux participants une exposition pratique, créer des parcours de mentorat, relier les apprenants à des emplois ou à l’entrepreneuriat et renforcer les institutions locales.

C’est le standard que la Namibie devrait appliquer.

L’appel de Theofelus à une collaboration renforcée entre le gouvernement et le secteur privé est donc important. La transformation numérique est trop vaste pour le gouvernement seul, mais elle est aussi trop importante pour être laissée entièrement à la bonne volonté des entreprises.

Les meilleurs partenariats ont des rôles clairs, des résultats mesurables et une valeur publique.

Le développement des talents est une infrastructure économique

On parle souvent des talents après les câbles, les tours, les appareils et les centres de données. Il faudrait en parler à leurs côtés.

Un pays peut investir dans le haut débit et rencontrer malgré tout des difficultés si les écoles manquent d’enseignants du numérique. Il peut numériser des services et échouer quand même si les citoyens manquent de confiance numérique. Il peut attirer des partenaires technologiques et rater l’opportunité si les travailleurs locaux n’ont pas les compétences nécessaires pour participer.

C’est pourquoi l’expression « développement des talents » compte.

Elle suggère une vision à plus long terme. Les compétences numériques ne se construisent pas en un seul atelier. Elles exigent une exposition, de la pratique, du mentorat, des projets, des concours, des stages et un marché du travail capable d’absorber les jeunes formés.

Pour la Namibie, l’enjeu est de transformer les programmes de compétences en une véritable stratégie de main-d’œuvre.

Cela signifie relier la formation aux écoles, aux universités, aux établissements techniques, aux startups, à la fonction publique, aux opérateurs télécoms, aux banques, aux industries créatives, aux entreprises de cybersécurité et aux employeurs numériques régionaux.

La question de l’inclusion est pratique

L’inclusion numérique est souvent utilisée comme une formule polie. En pratique, elle détermine qui profite de la prochaine économie.

Si les femmes, les communautés rurales, les jeunes à faible revenu et les groupes sous-représentés ne sont pas délibérément inclus, la transformation numérique peut aggraver les inégalités existantes. Les personnes déjà proches des opportunités deviennent plus productives, tandis que les autres sont invitées à « s’adapter » sans soutien suffisant.

La poussée Women in Tech de la Namibie est utile parce qu’elle nomme l’inclusion dès le départ.

Mais le travail le plus difficile commence après le lancement.

Qui est formé ?\ Quelles compétences sont enseignées ?\ Les filles des zones rurales sont-elles incluses ?\ Y a-t-il des mentors ?\ Y a-t-il des stages ?\ Les employeurs participent-ils ?\ Les participants peuvent-ils construire de vrais projets ?\ Le programme suivra-t-il des résultats au-delà de la simple présence ?

Ces questions déterminent si l’initiative devient un véritable pipeline de talents ou un autre événement de compétences bien marqué.

Pourquoi cela compte au-delà de la Namibie

La Namibie n’est pas le seul pays africain à tenter de renforcer ses capacités numériques tout en gérant les réticences du public face à la technologie.

Partout sur le continent, les gouvernements poussent des systèmes d’identité numérique, des portails d’e-gouvernement, des paiements en ligne, des programmes TIC scolaires, des stratégies d’IA, des politiques de cybersécurité et des dispositifs de soutien aux startups. La conversation sur l’infrastructure avance rapidement. La conversation sur l’adoption sociale avance plus lentement.

Cet écart peut devenir un problème.

La transformation numérique exige du consentement, de la confiance, de la littératie et de la participation. Si les citoyens se sentent exclus ou perdus, même des systèmes utiles peuvent rencontrer de la résistance. Si les jeunes ne sont formés qu’en tant qu’utilisateurs, et non en tant que bâtisseurs, les pays restent dépendants de plateformes et de compétences importées.

La poussée Women in Tech et de développement des talents en Namibie doit être lue dans ce contexte plus large.

Elle rappelle que la transformation numérique ne concerne pas seulement ce que les gouvernements déploient. Elle concerne aussi qui est prêt à participer.

Le test le plus difficile à venir

Le lancement à Windhoek est un signal utile, mais la phase suivante compte davantage.

La Namibie devra montrer si le Projet Women in Tech et de développement des talents nationaux peut aller au-delà de la visibilité pour produire des résultats mesurables : davantage de jeunes femmes formées, davantage de projets TIC réalisés, davantage d’opportunités de mentorat, davantage d’accès aux emplois numériques et une participation plus forte au secteur technologique du pays.

Theofelus a raison de dire que la Namibie ne peut pas se permettre d’attendre des conditions idéales avant d’adopter la technologie. Mais aller vite ne signifie pas aller sans prudence.

L’avenir numérique du pays dépendra de la capacité de l’infrastructure, des compétences, de la confiance et de l’inclusion à croître ensemble.

Pour la tech africaine, c’est là la leçon la plus large.

La transformation numérique n’est pas achevée lorsqu’un pays connecte davantage de personnes. Elle devient significative lorsque ces personnes ont la confiance et la capacité de façonner ce qui vient ensuite.

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